Histoire : L'origine du CESM: entre biologie marine et épaves
C'est le 25 janvier 1949 que furent déposés les statuts du CESM (Centre d'Études Sous- Marines), une association dont les buts étaient l'archéologie et la biologie sous marines, ainsi que... la collection de scaphandres (!).
En fait , dans l'immédiat après-guerre, quelques pionniers testaient les possibilités offertes par les scaphandres autonomes (Le Cousteau Gagnan , bien sûr, mais d'autres, aujourd'hui un peu oubliés, comme le scaphandre de Le Prieur , le Comheines, le Draeger ...)

Henri Chenevée (à droite) et Jean Pierre Souquet (Août 1956)
Le docteur Henri Chenevée, dentiste des gens célèbres et des vedettes de cinéma (Il avait un cabinet à Cannes et un autre à Paris) fut un des premiers à s'intéresser à cette invention révolutionnaire qui reléguait au musée les scaphandres "pieds lourds", à casque, style "Tintin et le secret de la Licorne" .
Il rassembla autour de lui une équipe pittoresque de distingués amateurs et chercheurs.
(Un ambassadeur de France à Lisbonne, du genre casse cou, coureur automobile à ses heures, un chercheur en biologie marine, un jeune Conservateur du Louvre, spécialiste des antiquités romaines , parfait rat de bibliothèque et pas sportif pour deux sous, qui dut s'initier, bon gré mal gré, à la plongée et à la navigation, quelques techniciens et bricoleurs de génie....etc).
Cette étonnante équipe, opérant en amateurs, sur leur temps de vacances, sillonna la Méditerranée, de Tabarka à Antibes, de Marathon à Anthéor, de Bonifacio à Malte et d'Héliké à la Lybie, questionnant les vieux pêcheurs, louant ici ou là un pointu, un caïque, ou quelqu'autre étrange rafiot, pour plonger sur la trace des naufrages antiques.

Le "Nimbuscaphe", narguilé utilisé au CESM en 1954
Le CESM ramena ainsi une riche moisson d'amphores, de statues grecques, d'ancres romaines en plomb, qui furent déposées dans divers musées, dont le Musée d'Athènes et le Musée de la Marine de Paris, où le CESM avait son siège social, à l'époque .
C'est en explorant les bouches de Bonifacio, trou à naufrages redouté des romains, que le CESM devait faire sa plus belle moisson de résultats.
A la même époque, en 1954 (mémoires d'un stagiaire de l'époque), l'armée française avait installé, dans l'ancienne citadelle gênoise de Saint-Florent, en Corse, un groupe de militaires plongeurs, sous la conduite du Commandant Berger, un héros de la France Libre qui avait suivi l'épopée du Général Leclerc depuis Koufra, pour évaluer les possibilités militaires des scaphandres autonomes, car tous les Etats-Majors du monde s'intéressaient à la Plongée, suite aux exploits des nageurs de combat Italiens durant la seconde Guerre Mondiale.
Ce groupe de militaires, qui n'était actif que durant l'été, car, bien entendu, les combinaisons isothermiques n'en étaient encore qu'aux balbutiements, et le maniement des bateaux de plongée était assuré....par des "glénanais", moniteurs du Centre Nautique des Glénans.
Ce mélange peut sembler étonnant de nos jours, mais il faut se souvenir que des éléments issus de la Résistance avaient été incorporés dans l'armée régulière après la Libération et que les Glénans de Philippe Viannay étaient issus en droite ligne des mouvements de Résistance...
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